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	<title>Pierre-Luc Bartoli</title>
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		<title>Les brasiers du réel,  Marc Lambron</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Oct 2020 09:38:00 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Châtaignier-au-couchant-2018-HST-180x180-cm.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1015" height="1024" src="https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Châtaignier-au-couchant-2018-HST-180x180-cm-1015x1024.jpg" alt="" class="wp-image-352" srcset="https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Châtaignier-au-couchant-2018-HST-180x180-cm-1015x1024.jpg 1015w, https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Châtaignier-au-couchant-2018-HST-180x180-cm-297x300.jpg 297w, https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Châtaignier-au-couchant-2018-HST-180x180-cm-150x150.jpg 150w, https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Châtaignier-au-couchant-2018-HST-180x180-cm-768x775.jpg 768w, https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Châtaignier-au-couchant-2018-HST-180x180-cm-1523x1536.jpg 1523w, https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Châtaignier-au-couchant-2018-HST-180x180-cm-2030x2048.jpg 2030w, https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Châtaignier-au-couchant-2018-HST-180x180-cm.jpg 1904w" sizes="(max-width: 1015px) 100vw, 1015px" /></a></figure>



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<p>Il y a dans la peinture de Pierre-Luc Bartoli un geste qui excède le geste, un effacement profus des traces humaines pour en révéler l’arrière-fond sauvage, un monde où des vivants sont passés et pourraient ne plus revenir. Troncs noueux, feuilles jaune-vert comme des clarines polychromes, oblicité des branchages, fond azur telle une clémence du ciel. J’y devine la possibilité d’inscrire des Géorgiques, des épopées virgiliennes dans le relief et sur les plages d’une Méditerranée rêvée. Nature et culture&nbsp;? Il y a le bois travaillé des enclos, la liure des barrières, et le bois jaillissant des grands arbres&nbsp;: des paysages incorporant et brouillant à la fois l’intention qui a voulu les domestiquer. Le peintre serait-il marabouté par des ramures, messager coloriste d’un réel en feu&nbsp;?</p>



<p>Bogues comme des cristallisations coralliennes, châtaignes-poulpes tels des octopus explosés, l’identité marine de la terre sourd de scènes chtoniennes autant que d’hypothèses célestes. Rouges cardinalices, entre la pourpre et l’incendie. Éclatements stellaires où les voûtes de branches font constellation. Palmiers turriculés et firmaments ocrés. Un brouillage par le treillage, promenades visuelles où l’œil incline à rêver que le corps puisse s’y engager. On songe aux palmes de Paul Valéry, aux zébrures cryptées d’Henri Michaux. Mais comparaison n’est qu’approximation.</p>



<p>Car un secret est ici à l’œuvre, qui n’appartient qu’à une obstination. Chaque lieu est comme déporté, redistribué vers des horizons qui déconcertent sa propre certitude. Pilotis, charpentes sur l’eau, paillotes. Littoral africain, îles, Louisiane, bayous, touffeurs tropicales, façon de situer la Corse à Nouméa ? Mais non, c’est un village khmer. Comme si le grand Pan revenait sur une planète aux moirures de nymphéas, dont le centre ne serait nulle part et le cœur dans la trame même de la toile.</p>



<p>Car c’est cela qui fascine ici, une somptueuse certitude de l’organique, des forêts ronflant du feu qui pourrait les dévaster, Il y a des retombées florales en cascades de pétales, un ébranlement sismique, comme si la Terre attendait le retour des géants. Ce que Pierre-Luc Bartoli semble rechercher, c’est la dynamique intrinsèque de la forme, son noyau enfoui, son être-là incandescent. Peintre du Sud sans doute, l’orangé du soleil nappe les nuages, chaque rameau exhale un hymne ligneux : un forage introspectif dans la convulsion des apparences.       On cherche le cœur souterrain, le souffle qui impulse ces efflorescences. Baraques bleutées, radicelles en lévitation, grèves de sables infinis. On tient à portée de regard le vibré du réel en à-plats à l’huile, les stries surtout, un brasier strié qui fait songer au <em>clinamen</em>de Lucrèce, cette pluie inclinée d’atomes, un réel aggloméré en lignes sécables, en textures vrillées. Ce n’est pas la toile qui porte une représentation, c’est plutôt d’elle que semble émaner, s’exprimer comme le suc d’un fruit rouge, une profondeur sapide s’épanouissant en salves d’explosantes chromatiques. Si l’on mesure l’impuissance du langage devant la peinture qui le déborde, il reste l’espoir de vocables qui grifferaient la peau du monde comme Pierre-Luc Bartoli sait la faire respirer : des signes visibles dans le tumulte des grands vents de l’univers.</p>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Marc Lambron, 2020</p>



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		<title>Incendies, Claire Legendre</title>
		<link>https://pierrelucbartoli.com/incendies-claire-legendre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Sep 2018 13:27:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Presse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>D&#8217;abord un par un, individus du maquis. Hercule châtaigner mort sur fond bleu vif. Forêt moussue verte et écorce cuite. Jeune cadavre végétal étêté. Colosse argenté au tronc lisse et rond, à étreindre, à caresser. Je suis déjà venue ici. Un autre châtaigner, branches cassées, bras coupés. Jeunes feuilles dorées répandues à ses pieds, tendreté [&#8230;]</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Palombes-I-2018-HST-55x46-cm-HD.jpg"><img decoding="async" width="857" height="1024" src="https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Palombes-I-2018-HST-55x46-cm-HD-857x1024.jpg" alt="" class="wp-image-409" srcset="https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Palombes-I-2018-HST-55x46-cm-HD-857x1024.jpg 857w, https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Palombes-I-2018-HST-55x46-cm-HD-251x300.jpg 251w, https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Palombes-I-2018-HST-55x46-cm-HD-768x918.jpg 768w, https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Palombes-I-2018-HST-55x46-cm-HD-1285x1536.jpg 1285w, https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Palombes-I-2018-HST-55x46-cm-HD-1713x2048.jpg 1713w, https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Palombes-I-2018-HST-55x46-cm-HD.jpg 1606w" sizes="(max-width: 857px) 100vw, 857px" /></a></figure>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>D&rsquo;abord un par un, individus du maquis. Hercule châtaigner mort sur fond bleu vif. Forêt moussue verte et écorce cuite. Jeune cadavre végétal étêté. Colosse argenté au tronc lisse et rond, à étreindre, à caresser. Je suis déjà venue ici.</p>



<p>Un autre châtaigner, branches cassées, bras coupés. Jeunes feuilles dorées répandues à ses pieds, tendreté du jaune, bleu de tempête, vert de pluie. Corps ligoté au barbelé des ronces. Arbres monuments aux bras gourds, assaillis de broussailles, saisis comme à Pompéi dans l&rsquo;élan d&rsquo;un instant.</p>



<p>Vu de biais : châtaigner toujours, imposant, veiné, dressé. Bleu cru d&rsquo;été. Mousse ocre d&rsquo;automne. Déploie une saison après l&rsquo;autre l&rsquo;envergure brisée, les branches creuses, la rondeur trapue du tronc, le cri du bois sec.</p>



<p>On entre dans le sous-bois. Pins shakespeariens alignés en ordre de marche, jeu d&rsquo;échecs, forêt verticale. Se glisser entre les corps calcinés, braises et fantômes dans le théâtre de la plaine. Ombres détachées sur tison glauque, l&rsquo;odeur des cendres, difficile de respirer. Ecarter les branches à tes risques. Rouler sur les aiguilles.</p>



<p>Plus loin, plus tard. L&rsquo;angle a changé. C&rsquo;est une colline plus haute. D&rsquo;un œil qui vient de s&rsquo;éveiller. L&rsquo;œil de qui a trop dormi. Sieste interrompue par canicule. La grange est de biais dans un coin du tableau, dans un coin du ciel. Ecrasée de lumière dans le cru de l&rsquo;été. En contre-bas j&rsquo;imagine la mer, pour respirer.</p>



<p>Puis c&rsquo;est à gauche, dans le coin gauche, une grange à flanc de colline. Un coin de grange en équilibre dans l&rsquo;air du soir. Le soleil grésille tant qu&rsquo;on ne sait plus quelle heure il est. Mirage de solstice, lune rêvée à midi, bleu si foncé, si profond qu&rsquo;on dirait la nuit et l&rsquo;océan ligués. Bleu franc qui fait plisser les paupières. Le spectateur aveuglé se laisserait choir dans ce champ-là, pour mieux voir dans le brasier de paille ce qu&rsquo;on ne distingue pas les yeux ouverts. Retourner en son sein le regard. Qu&rsquo;y voit-on?&nbsp;</p>



<p>J&rsquo;entends le frisson de tes pas dans la paille. Entre deux granges c&rsquo;est le toit d&rsquo;une maison qui se fraye un chemin en surplomb. Qui habite ici? C&rsquo;est encore la profondeur du bleu qui nous trompe. Nuit? Jour? Soirée d&rsquo;été où le soleil met un temps infini à descendre et tes épaules sont encore chaudes de la chaleur du jour, même quand le ciel est enfin refroidi. Les toits jaunes sont des diamants qui ruissellent, des miroirs, des échos.</p>



<p>Alors on lève la tête et tout disparaît. Ne restent que les oiseaux. Leurs ailes s&rsquo;écartent comme des signes chinois échappés du Zao Wou-Ki de mon enfance. Relief de ciel suturé en son centre. L&rsquo;iridescence est une cicatrice sur le fond sans fond. Éclate un vol de palombes qui semblent se disperser comme au coup du canon. Le ciel est bleu-venteux, blanc nuageux, rose presque indien de blés incendiés. Ou crânement orangé ocre de sirocco, vert d&rsquo;orage maladif, jaune explosion où les oiseaux crépitent comme des signes kabbalistiques d&rsquo;une légèreté insoutenable, d&rsquo;une indolence de qui sait aller où le vent l&#8217;emporte. Des oiseaux comme des feuilles mortes, le cœur tourné en grand huit.</p>



<p>Le ciel est saturé d&rsquo;eau maintenant, de buée, de vapeur de Méditerranée. Livrés à la fureur mais respirant enfin, il y a dans ces palombes une force métaphysique qui échappe même au romantisme. On en aura confirmation dès qu&rsquo;elles auront disparu : au-dessous du ciel opaque ne reste que la grange vide. Paysage désaffecté, rien n&rsquo;arrête plus ton œil que la radicalité du bleu, du jaune. Tu y plonges profondément.</p>



<p>Là et là, chapelets de ronces enserrant les ruines, interdisent l&rsquo;entrée de maisons devenues tombeaux. Barbelés d&rsquo;épines, propriétés condamnées.</p>



<p>Encore plus loin, tout au bout du haut plateau, c&rsquo;est toi l&rsquo;oiseau maintenant. Essoufflé, juste avant la falaise, c&rsquo;est une bergerie qui flambe au soleil, taule rougie de cagnard, combustion lente de juillet. Tu tentes de gonfler tes poumons avec cet air de myrthe et d&rsquo;immortelle. Ça se décolle doucement en toi. Ça pénètre lentement. Cette force. Ce jaune délavé de crépuscule. Cette taule rouillée ardente. Cette odeur de l&rsquo;infini. Cet horizon qui pèse comme avant la foudre, et qui ne se décroche jamais.</p>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Claire Legendre, 2018</p>



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		<title>L&#8217;Écorce, Claire Legendre</title>
		<link>https://pierrelucbartoli.com/lecorce-claire-legendre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Feb 2017 13:21:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Presse]]></category>
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<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Pinède-au-couchant-2018-HST-170x270-cm-HD-1-scaled.jpg"><img decoding="async" width="1024" height="655" src="https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Pinède-au-couchant-2018-HST-170x270-cm-HD-1-1024x655.jpg" alt="Pinède au couchant - 2018 - Huile sur toile - 170x270 cm" class="wp-image-356" srcset="https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Pinède-au-couchant-2018-HST-170x270-cm-HD-1-1024x655.jpg 1024w, https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Pinède-au-couchant-2018-HST-170x270-cm-HD-1-300x192.jpg 300w, https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Pinède-au-couchant-2018-HST-170x270-cm-HD-1-768x491.jpg 768w, https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Pinède-au-couchant-2018-HST-170x270-cm-HD-1-1536x982.jpg 1536w, https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Pinède-au-couchant-2018-HST-170x270-cm-HD-1-2048x1310.jpg 2048w, https://pierrelucbartoli.com/wp-content/uploads/2022/06/Pinède-au-couchant-2018-HST-170x270-cm-HD-1-scaled.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption>Pinède au couchant &#8211; 2018 &#8211; Huile sur toile &#8211; 170&#215;270 cm</figcaption></figure>



<p>On m&rsquo;avait dit ce sont des paysages et sans m&rsquo;en rendre compte je m&rsquo;étais mise à attendre du ciel, de la mer, du bleu, un astre, de l&rsquo;oxygène et éventuellement, va savoir, l&rsquo;été. On n&rsquo;avait pas précisé la focale et je vois bien, une fois précipitée dedans tête la première : ce sont des paysages. Pourtant ils sont si près que je les hume, les arbres ont des yeux profonds et des bras et des jambes, ils ont une carapace de peau rêche et terreuse et font mine, parfois, de serrer autour de mon cou. Ou bien, tête coupée, ils narguent le visiteur de leur gloire passée.</p>



<p>Certains se déhanchent au vent, semblent danser. D&rsquo;autres sont insondables, minéraux, secs, tendus vers rien, le vent qui passe à travers la montagne ne parvient pas, dirait-on, à troubler leur fierté. Ou bien les a-t-il déjà rendus fous. Ceux-là sont peut-être morts. Je respire leur odeur de brûlé mouillé, et parfois leurs ronces m&rsquo;éraflent la main. Ce sont de longs doigts de sorcière qui s&rsquo;entrelacent et laissent filtrer un peu de bleu. Un ruisseau. On s&rsquo;y casserait la figure. On aurait les genoux pleins de boue. On glisserait sur leurs feuilles déjà plus très vertes ou carrément jaunies. Leurs membres croisés dessinent une fenêtre, un cadre, un triangle. On devine à travers le mikado des branches le bleu du ciel et le vert doux des fougères. Une lumière perce le rideau de leurs cheveux. C&rsquo;est une barrière ou un belvédère. Un interdit et une invite. Il suffit d&rsquo;enjamber.</p>



<p>Le parcours est sinueux, escarpé. Silhouettes inégales. Tronc moussu et sensuel, colosse aux airs de baobab, tronc calciné dans la tempête. Chorégraphie vespérale tout bouge autour mais l&rsquo;arbre ne plie pas. Les pins n&rsquo;ont rien de parasol, ils se tendent parfois vers le ciel comme des clochers ou des sexes. Il y a du rugueux, du brutal, dans le sentier à hauteur d&rsquo;homme. C&rsquo;est surtout la peau, la texture de la peau. Veinée ou écartelée. Rêche. Epineuse. Sèche ou trempée, ici râpeuse. Les branches ici ont cassé dans un craquement sinistre. Les racines déplacent un rocher et les feuilles froissent. D&rsquo;habitude en Corse j&rsquo;entends la mer. Ici c&rsquo;est surtout ce frisson des feuilles qui arrête le regard.</p>



<p>Ailleurs à flanc de montagne deux troncs jumeaux épineux comme les tiges des roses, un halo de soleil ou de lune vient les coiffer, les remettre à leur place. Le ciel rougit, l&rsquo;incendie n&rsquo;est pas loin. Les branches noircissent. Résine chauffée à blanc. Peindre les épines, leur flottement, leur balancement, leur entrechoc, comme elles crépitent aussi à terre sous tes pas. Une peinture synesthète, qui écorche tes mains et tes genoux. Tu avances en déblayant le chemin. Au fond tu découvres un mur, une construction humaine, trace d&rsquo;une ancienne vie. Tu la contournes, tu l&rsquo;explores. On n&rsquo;entrera pas. Le calcaire des pierres fabrique un tombeau, une illumination. On ne voudrait pas troubler le repos. On va s&rsquo;asseoir.</p>



<p>Quand le vent tombe on entend la source, la rivière, le torrent. Clapotis, micro-ressac entre les roches. C&rsquo;est encore ici qu&rsquo;il y a le plus de bleu. C&rsquo;est un abri, ça respire, il fait presque frais. Ca dégouline, ça prend son temps. Un sentier, une clairière. Ca éloigne le vent. Ca t&rsquo;enveloppe comme une cathédrale. Ca joue de la musique. Un nocturne, je ne sais pas, le <em>Dio vi</em>.</p>



<p>Je suis assise sur le sol froid dans l&rsquo;atelier de l&rsquo;artiste. C&rsquo;est à Paris. Le labyrinthe de la montagne corse adossé au mur. Les pieds dans l&rsquo;eau, torrent du trottoir d&rsquo;en face. Dans le tombeau d&rsquo;une vie ranimée par touches. Jaune immortelles. Brun châtaigneraie. Vert maquis. Rouge maquis. Blanc ruines. Depuis 2011 je visite régulièrement l&rsquo;atelier parisien de Pierre-Luc Bartoli lors de mes escales en France. Des clubs, aux métros, aux rues parisiennes, j&rsquo;y explore une géographie qui ne cesse de se décentrer, de s&rsquo;émanciper du réel. Cette série est une Madeleine plus qu&rsquo;un voyage. Elle réinvente des sensations et convoque un souvenir qu&rsquo;elle distord, non pas à la façon des rêves, mais avec une rage de le faire advenir, de le proclamer ici et maintenant au bout des doigts, immédiatement présent et vivant sous la pulpe des doigts. Déplacement, condensation : le voyage ici est organique et sensuel. Je ferme les yeux et je touche, je vois, je hume, je caresse l&rsquo;écorce &#8211; mes propres mains.</p>



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<p>Claire Legendre, <em>février 2017</em></p>



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